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Ressources pour une éducation queer et inclusive

Comment lutter contre la grossophobie à l’école ?

Document écrit collectivement par Queer Éducation

En tant que personnel de l’éducation nationale, vous souhaitez lutter contre la grossophobie au sein de votre classe ou plus largement dans votre établissement ? Voici quelques pistes.

Qu’est-ce que la grossophobie ?

Le collectif Gras Politique, qui lutte contre la grossophobie, définit ce terme de la façon suivante :
“La grossophobie est l’ensemble des discriminations subies par les personnes grosses. Elle s’exprime dans toutes les sphères de la vie des gros·ses : dans la sphère familiale, dans les relations privées, dans la discrimination à l’embauche, sur le lieu de travail, à l’école, dans l’accès aux soins médicaux, dans la prise en charge de santé, dans l’espace public, dans les transports…”

Cette définition provient du dépliant de Gras Politique, disponible ici et à diffuser !  

Voici ce que vous pouvez faire: 

Toujours intervenir :  Non à la grossophobie ! 

Si un·e élève fait l’objet de brimades  parce qu’il/ elle est gros·se, vous devez intervenir. Prenez le temps de discuter avec l’élève, en interclasse par exemple, pour savoir comment iel se sent et si cette situation est régulière, auquel cas il est nécessaire de contacter l’équipe anti-harcèlement de votre établissement. Il ne s’agirait pas d’ignorer ou de banaliser l’impact de ces remarques désobligeantes chez une personne qui pourrait d’ores et déjà avoir une faible estime d’elle-même (attention, ce n’est pas toujours le cas, toutes les personnes grosses ne sont pas en souffrance psychologique !). 

Dans un premier temps, vous pourriez définir la grossophobie et rappeler à l’ensemble de vos élèves qu’il est question d’une discrimination. Si l’éducation nationale n’a pas publié de ressources officielles sur ce sujet, rappelons déjà que toute forme de harcèlement scolaire est condamnée par le code pénal.

Rappel également de l’Article 5 de la LOI n° 2019-791 du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance :
« Art. L. 511-3-1.- Aucun élève ne doit subir, de la part d’autres élèves, des faits de harcèlement ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions d’apprentissage susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité ou d’altérer sa santé physique ou mentale. »

 Voici quelques supports pour aborder la lutte contre la grossophobie avec les élèves :
Proposer une séquence pédagogique sur le sujet :

En tant qu’enseignant·e, vous pouvez construire des cours sur cette problématique car il existe de nombreux supports (articles de presse, vidéos etc.) . Par ailleurs, peut-être que cela peut se rattacher à un point précis de votre programme !

A partir d’une vidéo de la chaîne vidéo Draw my news, La grossophobie, et d’une publicité pour la marque Saint Laurent, l’activité suivante propose une série de questions qui permettent de réfléchir au rôle de la société et des médias dans cette discrimination, au lien entre pauvreté/obésité, monde du travail/obésité, au secteur des produits de luxe et des représentations des corps maigres/anorexiques.  

Avec ici un lien vers un document d’analyse et de réflexions guidées de ce court-métrage !

Envisager des actions : prévenir le harcèlement scolaire à cause du poids :

Bien souvent, la grossophobie va de paire avec un harcèlement insoutenable. L’ensemble de la communauté éducative devrait penser cette thématique notamment au sein des instances existantes dans tous les établissements: le CESC (comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté), le CVC (conseil vie collégienne) ou encore le CVL (conseil vie lycéenne). Les élèves élu·e·s pourraient réfléchir à des actions concrètes afin de lutter contre cette discrimination :

  • Proposer une journée officielle de “lutte contre la grossophobie”
  • Organisation d’actions : réalisation de panneaux pour une exposition 
  • Faire venir des intervenants extérieurs (associations) ou des personnalités qui maîtrisent le sujet comme Gabrielle Deydier 
  • Organiser un atelier ciné-débat à partir  du  documentaire On achève bien les gros de Gabrielle Deydier, disponible ici en vidéo à la demande.  
  • Organiser un atelier ciné-débat à partir du téléfilm Le jour où j’ai brûlé mon cœur.
    Jonathan est un lycéen. Suite à des années de harcèlement scolaire, il se suicide en s’immolant par le feu. Alors qu’il est dans le coma, à l’hôpital, tout le monde se demande ce qui a pu lui arriver car nul·le n’a conscience de ce qui l’a amené à sa tentative de suicide. Ce téléfilm en deux parties est adapté du livre Condamné à me tuer de Jonathan Destin, où il raconte le harcèlement scolaire dont il a été victime et sa tentative de suicide.

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Ce texte est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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